Pasted Graphic


  • Les yeux, miroir de l’âme - FémininBio avril/mai 2018
  • Les bienfaits du Tao Yin (première partie) - décembre 2018


LES YEUX, MIROIR DE L’ÂME

photo-eye-brown+


"Les yeux sont le miroir de l’âme" … Ce proverbe français est vieux de plusieurs siècles et pourtant, nous avons le sentiment qu’il est contemporain ! Depuis toujours, il est lié à l’expérience intime de l’échange de regards. Ce thème nous fascine. Bien au-delà de leur forme et de la couleur précieuse de l’iris qui nous séduisent, c'est la rencontre avec le regard de l'autre qui parle d'âme. Nos regards révèlent ce que nous éprouvons et nous accueillons ceux de nos interlocuteurs, messagers de leur vie intérieure.

Nous surprenons parfois notre propre regard dans un miroir, quand un mouvement de notre corps nous confronte fugitivement à notre image. La curiosité nous ramène à cet intriguant reflet, possible témoin de notre part d’inconnu.


L’éloquence du regard
Des yeux brillants attestent d’une belle vitalité et dans l’intensité du regard se manifestent la présence et la conscience de l’être. Craintif, fuyant, anxieux, orgueilleux ou triste, le regard révèle les tourments de l’âme … Une vie émotionnelle joyeuse et sereine se dévoile dans un regard confiant, droit, ouvert, qui engage à la relation. Apprivoisés par lui, notre coeur s’ouvre et s’accorde.

Le regard d’une personne se lit simultanément sur plusieurs plans : son caractère, ses sentiments, son humeur du jour … Que l’on rencontre quelqu’un pour la première ou pour la millième fois, toutes ces informations nous parviennent ensemble. De l’ami que nous connaissons bien, nous percevons plutôt l’état d’être du moment, et de l’inconnu plutôt ce qu’il laisse paraître, ce qu’il veut paraître. Nous avons de lui "une première impression". D’aucuns prétendent qu’elle est incontestablement la bonne. On dit aussi très fréquemment que les yeux ne mentent pas. Sans doute cela est-il vrai si l’on croise un regard au passage, mais pas toujours lorsque deux personnes se présentent l’une à l’autre.
Il existe un secret qui nous permet d’exercer notre discernement …

La vérité dans nos pupilles
Spontané, quel que soit son message, l’oeil exprime une vérité. Cependant, pour diverses raisons, le regard peut être composé, créant d’emblée une distorsion. La réalité de ce que la personne est ou éprouve est masquée ou déformée. Certains individus rusés et habiles jouent de leur regard pour dissimuler leurs perfides intentions et pour manipuler. En effet, il est possible de feindre la bienveillance, la compréhension ou l’honnêteté quand l’expression du visage participe également activement au mensonge. Mais si ce regard faussement sympathique se trouve soumis à l’épreuve de l’attention soutenue de l’interlocuteur, les pupilles, affranchies de notre volonté, dénoncent l’imposture. Cette contraction impossible à empêcher trahit la sombre vérité. Soyez alors sur vos gardes.

Au contraire, les pupilles se dilatent sous l’effet de l’appréciation, de la joie, de l’amour, et confèrent au regard un indéniable attrait. L'instant où les yeux se croisent est fondateur de la relation. Il suffit pour s’en convaincre d’écouter les récits sincères de coup de foudre au premier regard. Ou de s’en souvenir …

Tout notre être perçoit intuitivement ce que transmet le regard de l’autre. D’emblée, il nous attire ou nous tient à distance. Nous devons être vigilants pour ne pas nous laisser duper, prendre le temps d’écouter notre voix intérieure, qui amène à notre connaissance ce que notre sixième sens a deviné. Quant à nous, ne craignons pas d’être authentiques, même si nous sommes fâchés. Au risque sinon d’être tenu pour menteur.


Les mimiques, révélatrices d’émotion
D’autres éléments du visage concourent à transmettre nos émotions : dans le rire, les yeux se plissent, sourcils et paupières se contractent, mettant en valeur le scintillement de l’oeil. Et si la gaieté s’empare souvent de nous, alors le rire grave son empreinte sur notre visage. Lorsque j’étais enfant, je rêvais d’avoir un jour, aux yeux, les rides "en patte d’oie" des gens joyeux.

Dans les diverses situations de la vie, nous présentons une physionomie adaptée aux circonstances et notre regard y concourt de manière influente. Comme les paupières et les sourcils, le front, les joues, les narines, la bouche, le menton accentuent la note. Le visage attristé des condoléances, regard voilé, est souligné par l’affaissement de la commissure des lèvres. La joie, l’enthousiasme, les félicitations s’accompagnent d’un sourire qui relève aussi le coin de l’oeil. Le visage mystérieux de la séduction se traduit par le jeu des cils et la bouche entrouverte. Quand les yeux sont écarquillés par l’étonnement, les sourcils dessinent un accent circonflexe, la mâchoire inférieure se relâche, on reste bouche bée … En regardant nos yeux, notre interlocuteur captera le message de notre coeur.

Voir en conscience
Si nous ne choisissons pas toujours ce que nous voyons, nous choisissons en revanche ce que nous voulons voir et la manière de le regarder. Nous choisissons aussi d’accueillir l’autre par notre regard, notre sourire, nos bras ouverts. Le don de l’amour passe par le regard.
Je me souviens d’Hélène m’avouant timidement que, pendant sa grossesse, elle évitait que ses yeux ne s’attardent sur ce qu’elle trouvait laid … pour que son bébé ne perçoive pas sa répulsion ! Elle savait que ses émotions de future mère déclenchaient en elle des changements physiologiques qui affectaient son enfant.

Le philosophe anglais David Hume affirme : "La beauté des choses existe dans l'esprit de celui qui les contemple." Lorsque nous regardons des images ou lisons des livres pleins d’agressivité et de cruauté, nous attirons en nous leur poison et notre énergie en est affectée. A l’opposé, si nous sommes enchantés par une oeuvre d’art, un beau spectacle, la présence d’un être aimé, nous éprouvons immédiatement une sensation d’harmonie. Certains paysages sont propices à la contemplation et invitent les méditants à y installer leur retraite, à y cultiver leur regard intérieur.

Le pinceau du peintre se régale à raconter l’âme de son modèle telle qu’il la perçoit. Le spectateur que nous sommes peut se laisser enjôler par le regard mutin de la "Jeune Fille à la Perle", qui capte notre attention. L’art de Vermeer de Delft nous implique dans une relation. Le photographe est lui aussi un ami des regards. Il sait intercepter le coup d’oeil fugace, l’éclat de la prunelle et l’émotion dont elle témoigne, le presque insaisissable trouble de l’âme …


Des miroirs authentiques et précieux
Peut-on décrire le moment où le regard des parents croise pour la première fois celui de leur nouveau-né ? Ils cherchent dans ses yeux son identité, veulent être reconnus par lui. Quand plus tard le regard du bébé se précise, il communique avec ses proches du plus profond de lui-même, d’esprit à esprit. Face à lui, pas de tricherie, nous sommes nus, dépouillés de nos masques. Quelle embellie dans notre coeur !
Au cours de notre vie, nous installons les filtres que nos expériences nous imposent et qui voilent l’expression de notre être essentiel. Rares sont ceux chez qui le regard de l’être, limpide et vrai, ne s’altère pas. De grands sages de toutes les origines nous offrent le leur comme preuve et, grâce à lui, nous éveillent à la liberté de connaître des échanges sincères, respectueux et bienveillants.

Il est primordial de s’interroger à propos du regard que l’on porte sur le monde. Soumis, si nous croyons à une fatalité accablante, ou bien gourmand et curieux, si nous pensons que la vie est une succession d’expériences destinées à nous faire évoluer. Les yeux sont le miroir de l’âme, certes, mais ce sont nos convictions qui sont créatrices.



a


LES BIENFAITS DU TAO YIN


vélo&tapis


Nous appelons fréquemment le Tao Yin "Yoga taoïste". Différent dans sa forme du Yoga indien, il est aussi agréable à réaliser et tout aussi efficace. Il est constitué d’étirements de toutes les parties du corps dans une progression qui invite le pratiquant à entrer de plus en plus profondément dans ses tensions pour s’en affranchir. Les exercices sont étayés par une respiration spécifique qui augmente le Chi, l’énergie vitale, et facilite sa libre circulation dans les méridiens.

Le Tao Yin accorde davantage d’attention aux tendons qu’aux muscles car, en réalité, ce sont les tendons qui assurent la souplesse du corps. Ceux-ci relient les muscles à la structure osseuse et permettent la mobilité. Avec l’âge, ils perdent de leur souplesse et l’amplitude des mouvements articulaires se réduit. Cette pratique est donc excellente pour améliorer la flexibilité de la colonne vertébrale, décrisper les épaules et soulager les douleurs. Elle sollicite également les muscles abdominaux, qu’elle renforce.

Les postures sont expliquées et guidées avec précision. Chacun est incité à respecter son rythme et sa condition du moment. Une relaxation suit chaque série d’exercices, durant laquelle l’énergie est intentionnellement dirigée vers des régions anatomiques précises. L’écoute du corps développe la concentration et la sérénité.

Une grande partie du Tao Yin se fait en position allongée. Le sol fournit un soutien avantageux aux personnes dont la maturité, la raideur ou l’embonpoint limitent l’aisance du geste. Je garde le souvenir de certains regards éblouis de confiance retrouvée.

Le Tao Yin est une excellente préparation à la danse, aux Arts martiaux, au Qi Gong, … Il est bien sûr recommandé aux personnes sédentaires.
L’avis d’un médecin est indispensable dans certaines affections.


a